27 août 2019
Nature Curieuse

Construire un patrimoine vivant

Musée de la mémoire vivante - extérieur

L’histoire du Musée de la mémoire vivante de Saint-Jean-Port-Joli commence par un homme et son œuvre : Philippe Aubert de Gaspé.

L’histoire du Musée de la mémoire vivante de Saint-Jean-Port-Joli commence par un homme et son œuvre : Philippe Aubert de Gaspé. Ayant consacré la fin de sa vie à la rédaction de Les Anciens Canadiens, le tout premier roman canadien-français, il a su inspirer les initiateurs du musée par sa vocation : l’histoire par le souvenir. Tout comme l’écrivain, ils entreprirent la colossale mission de préserver le patrimoine québécois à travers la collecte de témoignages, la construction d’une mémoire vivante.

Musée de la mémoire vivante - objectif mémoire
Musée de la mémoire vivante - objectif mémoire

Reprenant sur les lieux mêmes où Aubert de Gaspé avait achevé son œuvre, le Musée de la mémoire vivante se déploie entre les murs d’une reconstitution de sa résidence, sur le domaine seigneurial de Saint-Jean-Port-Jolie. Les vestiges authentiques du manoir, le fournil du XVIIe siècle, et le Jardin des souvenirs furent un bel accueil à ma visite, ainsi qu’une bonne occasion pour collationner. L’exposition permanente sur l’auteur de Les Anciens Canadiens, qui m’attendait par la suite, servit comme introduction à la mission du musée. Cette dernière ne présente pas, comme tant d’autres, une panoplie d’artéfacts d’époques ou une collection de mobilier ancien. Elle se distingue plutôt par le récit qu’elle fait de l’écrivain et de son message, de ses motifs pour avoir rédigé le roman en tant que dernier seigneur de Saint-Jean-Port-Joli.

Il s’agit d’un message que j’ai pu retrouver dans chacune des expositions présentées cette année. La toute première, Excusez-la!, présente le répertoire et la tradition de la chanson populaire francophone. À des postes d’écoute dispersés dans une salle, je pu visionner des chroniques vidéos récoltées par l’équipe de chercheur pour comprendre la forme exceptionnelle de la transmission de ce savoir patrimonial. Par la suite, l’exposition portant sur la pêche à l’anguille su me surprendre par la richesse de son histoire. Les outils pour la capture et le traitement de l’animal présentés dans les vitrines étaient naturellement appuyés par un long film portant sur cette pratique côtière méconnue.

 

Musée de la mémoire vivante - exposition
Musée de la mémoire vivante - photos souvenir - histoire
Musée de la mémoire vivante - exposition
Musée de la mémoire vivante - photos souvenir - histoire

Que ce soit par l’entrevue d’un authentique violoneux, par celui d’une femme âgée de la région se rappelant les veillés d’antan, ou par les images d’archives d’une journée typique de pêche à l’anguille, le Musée de la mémoire vivante capture des témoignages qui préservent de façon unique le patrimoine québécois. Ainsi, que ce soit en tant que touriste, ou que ce soit avec l’intention de consulter à leur base de données sur place, voire d’y participer, le détour en vaut la peine.

Léonard Marcoux
Préposé à l'information touristique

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